Pompe à chaleur : pourquoi le matériel ne fait pas tout
NON, le matériel ne fait pas tout.
Aujourd’hui, la pompe à chaleur air/eau s’impose clairement comme une solution incontournable pour remplacer une chaudière fioul ou gaz.
Entre la hausse du coût des énergies et les aides à la rénovation, de nombreuses personnes franchissent le pas.
Pourtant, une réalité s'impose : Toutes les installations ne se valent pas, même lorsque la machine porte une marque reconnue comme Mitsubishi Electric, Daikin ou Atlantic.
Ce que je constate sur le terrain est simple : deux maisons équipées du même modèle peuvent avoir des consommations et un confort totalement différents.
La différence ne vient pas uniquement du matériel. Elle vient surtout de l’étude qui à été réalisée, du dimensionnement et de la qualité d’installation.
Le dimensionnement : une étape trop souvent simplifiée :
Enormément d’installations sont encore réalisées sur la base d’une estimation rapide et surtout douteuse !
Souvent calculée simplement avec une surface ou un "ratio" à "l'oeil" par manque de connaissances.
Or, une pompe à chaleur ne se choisit pas avec le classique “au mètre carré”.
Elle se dimensionne en fonction des déperditions réelles du bâtiment, de la température extérieure de base de la région, du niveau d’isolation, du type d’émetteurs et des besoins du clients.
Une machine surdimensionnée (comme trop souvent) va multiplier les cycles courts : Le compresseur démarre et s’arrête constamment, ce qui use prématurément le compresseur et réduit drastiquement le rendement de l'installation.
À l’inverse, une pompe à chaleur trop sous-dimensionnée fonctionnera en permanence et pourra solliciter trop souvent son appoint électrique et vous apportera un confort amoindri.
Dans les deux cas, le résultat est le même : une consommation élevée et un client déçu.
Un dimensionnement précis est donc la base indispensable d’une installation efficace.
C’est un vrai travail d’analyse, pas un simple choix de catalogue.
L’hydraulique : le cœur de la performance !
La partie hydraulique est probablement l'un des éléments le plus sous-estimé d’une installation de chauffage. Pourtant, même avec un bon dimensionnement, c'est elle qui conditionne le bon fonctionnement du système.
Une installation bien conçue doit assurer une circulation facilitée de l'eau, une séparation efficace de l’air et des boues et surtout une gestion correcte des débits.
Si ces éléments sont négligés, les conséquences seront sans appels : Baisse de rendement, défauts à répétition et usure prématurée de la pompe à chaleur.
La machine peut être performante sur le papier. Si l’hydraulique n’est pas adaptée, le rendement réel ne correspondra jamais aux promesses.
C’est un aspect technique que le client ne voit pas, mais qui fait toute la différence sur la durée.
Les éléments in-dis-pen-sable :
1- L'étude de puissance de votre machine.
C'est le premier élément que vous pouvez vérifier assez facilement, sans grande connaissance et ce, avec a une méthode simple (mais efficace) :
Le calcul de déperditions grâce à la méthode dite du "coefficient G" .
Pour ce faire, il vous faut 3 éléments :
- Le volume à chauffer de votre maison en m3 (c'est a dire, votre surface habitable multiplier par la hauteur sous plafond). On le nommera " V ".
- Le "Delta T" C'est la différence entre la température de référence extérieur la plus froide de votre région (à retrouver facilement sur internet en tapant sur la barre de recherche google " Delta T de ma région" puis aller sur "Images" et vous trouverez une carte avec les températures) et la température ambiante que vous souhaitez chez vous. Par exemple en Sarthe la température de référence est de -7°C.
Pour une température souhaitez de 20°C dans la maison : le Delta T sera donc 27 (de -7 à 20).
- Le coefficient G qui est un ratio calculé sur la base de l'année de construction de votre maison (à retrouver facilement sur internet en tapant sur la barre de recherche google " Coefficient G" puis aller sur "Images" et vous trouverez sur la première image un tableau avec les principaux coefficients). Vous pouvez l'ajuster selon les travaux d'isolation que vous avez peut être réalisés chez vous.
La formule est donc la suivante : Coeff G x Volume x Delta T .
Exemple d'une maison dans années 2000, 100m2 avec 2,5m sous plafond, dans la Sarthe (72) :
(G) 0,8 x (V) 250 x (deltaT) 27 = 5400 W
A partir de ce calcul - à la portée de tous - vous savez que cette maison à 5400W de déperditions de chaleur par -7°C extérieur quand vous demander 20°C de température ambiante.
Vous pouvez donc tout à fait vérifier si votre pompe à chaleur dispose d'une puissance de chauffage d'environ 5400W à -7°C extérieur.
C'est une notion primordiale !
2 - La puissance de la PAC à -7°C extérieur :
La puissance à -7 °C est un critère déterminant pour choisir une pompe à chaleur performante en conditions hivernales.
Elle correspond à la puissance réellement disponible lorsque la température extérieure chute à -7 °C. En dessous de cette température, certaines pompes à chaleur voient leur rendement chuter et peuvent nécessiter un appoint électrique, ce qui augmente la consommation.
Une PAC dimensionnée et performante à -7 °C assure donc un confort constant, même pendant les périodes les plus froides, et garantit que le système pourra couvrir les besoins du logement sans surconsommer ni sursolliciter le compresseur.
Cette donnée est donc bien plus révélatrice que la puissance maximale annoncée dans les catalogues, souvent mesurée dans des conditions idéales peu réalistes.
>> C'est d'ailleurs souvent sur ce point que les différents fabricants se démarquent, une bonne machine conserve des performances et un rendement au top lors de grands froids.
3 - Les 3 grands pré-requis hydrauliques indispensables :
- Le diamètre des tuyaux : Il doit être adaptés à la puissance de votre machine. Je vois beaucoup trop d'installations avec un diamètre inférieur aux préconisations des fabricants (souvent du cuivre en 22mm, sans parler des tuyaux multicouche en 16mm intérieur, ou carrément l'installation faite en flexibles de plomberie). Pour ma part, j'installe au minimum du cuivre en diamètre 28mm. Cela réponds à presque toutes les puissances. Un diamètre adapté réduit les pertes de charges, et permet une vitesse de l'eau adapté.
- Le ballon tampon ou bouteille de mélange : Il assure un débit d'eau constant et fiable ainsi qu'une quantité d'eau à chauffer suffisant au bon fonctionnement de la pompe à chaleur (ce qui diminuera les courts cycles). Il sert également à séparer les débits d'eaux car votre installations de radiateurs ne nécessite pas le même débit que votre pompe à chaleur, souvent autour des 13L/minutes pour vos radiateurs et environ 20L/minutes pour la PAC.
- Le filtre à boues magnétique : Devenue obligatoire par les fabricants, il sert à accumulés les boues de chauffage, les résidus ferreux ou autre impurétées du réseau de chauffage.
Conslusion :
Choisir une pompe à chaleur ne doit pas se résumer à comparer des marques ou des puissances affichées.
La vraie question est de savoir qui va l’étudier, la dimensionner et l’installer.
Une pompe à chaleur est un système technique qui interagit avec l’ensemble du bâtiment.
Sa performance dépend moins du logo apposé sur la machine que du sérieux de l’installation.
Investir dans un artisan rigoureux et une pose soignée, c’est investir dans le confort, la stabilité et la tranquillité sur le long terme.


